lundi 26 mars 2018

Project Viper # 1 Rising -- # 2 Faceless / Ellen Raven Martin


Ellen Raven Martin:

Née en 1993, cette jeune auteure a toujours été passionnée par l'imaginaire et l'écriture; c'est donc naturellement qu'elle a créé plusieurs mondes et qu'elle les a couché sur papier pour donner vie à ses personnages.

     Bibliographie:
     
     * Série "'Project Viper":
     # 1. "Rising". ERA éd. 2017.
     # 2. "Faceless". ERA éd. 2018.

     * Série "Les chroniques de Weyän": en cours d'édition.

Mon avis sur Project Viper tomes 1 et 2:

Au début du tome 1 "Rising", j'ai eu quelques difficultés à me mettre dans le roman, je n'arrivais pas à comprendre ce que voulais raconter l'auteur, je comprenais bien que l'on était dans un monde en guerre, qu'il y avait des humains et des "augmentés" mais je n'arrivais pas à voir le but de l'auteur.

Puis, les réponses viennent petit à petit et même s'il m'a fallut un petit temps pour y arriver, je suis entrée dans le roman et l'histoire m'a captivé.
Ce qui frappe le plus dans le roman d'Ellen Raven Martin, ce sont les personnages, ils sont très travaillés.
Sans vous spoiler l'histoire, vous savez maintenant que j'ai horreur de faire ça, je vais passer en revue les principaux personnages.
Il y a Zeera, aussi énervante qu'ambitieuse, elle est la moins détaillée selon moi au niveau psychologique, si on omet le fait que c'est une psychopathe en puissance. C'est une jeune femme qui ne laisse pas indifférent;
Kayla, qui est plus présente dans le tome 2, m'a perturbé car, à part le fait qu'elle est amoureuse, elle m'a paru trop lisse, sans réelle personnalité et cela m'a attristé car elle aurait pu être plus détaillée.
Skylar ou Shadow, étant sans doute le personnage que l'auteur a fait le plus souffrir psychologiquement dans cette histoire. L'une des face d'une pièce  maîtresse du roman même si je l'ai trouvé peu travaillé au niveau psychologique pas autant en tout cas que ... Blayne ou Centurion, l'autre face de cette pièce maîtresse, celui qui a autant souffert que Skylar mais physiquement lui! Blayne est très travaillé psychologiquement parlant, j'ai l'impression que l'auteur s'y est particulièrement appliquée et c'est réussit, même si je dois bien avouer avoir une petite préférence pour Shadow, je ne sais absolument pas pourquoi.
Je ne ferais pas le tour de tous les personnages, il y en a trop mais un dernier m'a interpellé Mr Turner, le "père" des Viper, il est le maillon central de tout cela puisque c'est lui qui fait fabriquer les Viper et les dirige mais il me semble trop lisse et j'espère qu'il y aura un tome où on pourra en apprendre beaucoup plus sur lui car on en arrive pas là où il est comme ça, il m'intrigue.
Même si Blayne et Skylar sont indubitablement les deux personnages centraux du livre, j'ai été déçue que des chapitres plus complets ne soient pas destinés à nous en apprendre plus sur les autres Viper, sur le comment de leur transformation, on connaît juste un peu d'eux, lorsqu'ils vont entrer en scène mais quelques miettes en regard des chapitres consacrés à Shadow et Centurion, c'est dommage je trouve. Leur psychologie est aussi un peu lisse, ça m'a laissé sur ma faim.


Pour l'intrigue en elle-même, elle est simple mais efficace, elle s'enchaîne bien et les événements sont cohérents. D'ailleurs, je dois dire que j'ai hâte de pouvoir découvrir ce qui va arriver aux Viper dans la suite de leurs aventures car c'est tout un monde que l'auteur a créé et quel monde, il en faut de l'imagination et de la créativité!
J'aime beaucoup la manière de présenter le roman, en alternant entre les vues des personnages, ça donne un bon rythme à la lecture.
Il y a parfois quelques petites incohérences mais elles ne portent pas réellement atteinte au déroulement de l'intrigue.
L'auteur peut se targuer d'avoir créé une super sage que j'ai envie de voir évoluer.
Bravo à vous Ellen Raven Martin pour votre créativité.

Sources:



Lunar Corp / Céline Thomas


Céline Thomas:

Auteure née en 1983, elle se passionne très jeune pour la lecture et l'écriture et en a parcouru des pages depuis son enfance! 

Voici sa bibliographie:

     - Série Skitswish:
     # 1 "Le prix du bélier". Ed. L'ivre Book. Menetrol, 2016;
     # 2 "Le vol de la chauve-souris". Ed. L'ivre Book. Menetrol, 2016;
     # 3 "Quand vient le coyote". Ed. L'ivre Book. Menetrol, 2016;
   
     - "Brèves de comptoir rose". Ed. Evidence. Andilly, 2017;

     - "L'ivre Coeur 2016". Ed. L'ivre Book. Menetrol, 2016;

     - "Les vilains contes # 1". Ed. L'ivre Book. Menetrol, 2016;

     - "Lunar Blues". Ed. Nutty Sheep. Algrange, 2017;

     - "Lunar Corp #1-2". Ed. Nutty Sheep. Algrange, 2016;
     - "Lunar Corp #3-4". Ed. Nutty Sheep. Algrange, 2016;
     - "Lunar Corp #5-6". Ed. Nutty Sheep. Algrange, 2017;

     - "Nutty Steam" / collectif d'auteurs. Ed. Nutty Sheep. Varsberg, 2018;

     - "Pine Creek". Ed. Nutty Sheep. Algrange, 2017.

Mon avis sur Lunar Corp:

# 1 Gastronoboat:

La première chose que vous devez savoir avant de commencer la lecture de cette courte histoire, c'est qu'il va falloir mettre votre sérieux de côté et utiliser le 30ème degré si c'est possible, sans cela, il ne faut pas vous aventurer à cette lecture. L'humour utilisé par l'auteur n'est pas accessible à tous et je dois bien avouer que je l'ai trouvé parfois trop pesant et présent même si je comprends bien pour quelle raison l'auteur en fait l'usage; avec cet "humour", c'est un personnage qui se dessine, un homme qui a l'air d'avoir été tellement sali qu'il s'auto-ironise dans ses chroniques radiophoniques; du moins, j'espère avoir bien compris!


# 2 Viagrados:

Je dois bien avouer qu'une fois l'épisode 1 lu, on est prévenu pour l'épisode 2, j'ai été moins frappée par la lourdeur de l'humour du personnage mais j'ai trouvé cette courte histoire beaucoup trop simple cette fois, l'autre me paraissait beaucoup plus construite. Cette fois, c'est bien l'humour noir qui fait tenir la route à l'histoire racontée.

En conclusion:

Vous m'intriguez Céline Thomas, et je pense lire vos autres productions littéraires, que ce soit pour les aventures de Pierre Hozier ainsi que vos autres romans!
Les deux textes sont courts, une quinzaine de pages, et le vocabulaire est facile à lire, c'est divertissant et sans prise de tête. Un en-cas littéraire en somme.

Sources:

https://booknode.com/auteur/celine-thomas/livres
https://www.facebook.com/celine.reinert.3

Pour quelques grammes d'éternité / Philippe Dumont


Philippe Dumont:

Est un auteur belge, né en 1954 à Bruxelles.
Ancien gradé de gendarmerie et officier de police judiciaire, il quitte pourtant tout pour une vie  d'artiste et d'imaginaire puisqu'il est maintenant écrivain et sculpteur.
De part son amour de la littérature et ses connaissances en justice ainsi que son savoir cinématographique, il a été membre du jury au 30ème festival International du film fantastique et de Thriller de Bruxelles en 2012 et en 2015.
Suite à la découverte de nombreux auteurs portant le même patronyme que lui, l'auteur a décidé d'utiliser un pseudo afin qu'il n'y ai plus de confusion; ce pseudo est : Maxence Valmont.

Bibliographie:

     - "La danse du fou et autres contes". Ed. Naturellement, coll. 2000.com n°8. 2002.
     - "Pour quelques grammes d'éternité". Ed. Val Sombre. 2017.
     - "Le baiser de l'horreur". Ed. Académia. L.L.N., 2018.

Mon avis sur "Pour quelques grammes d'éternité":

Nous nous retrouvons face à l'inspecteur Van Geluwe, homme très respecté dans son métier, qui se rend sur ce qui ressemble très fortement à un suicide; celui de Monseigneur Morlani, venu dans le Bruxelles d'après-guerre pour on ne sait quelle raison. Mais cette enquête de routine va se transformer en enquête de l'horreur...
J'avoue avoir vu ce livre comme un vieux policier en noir et blanc que l'on voyait à la télé quand j'étais enfant (oui, j'ai connu la télé en noir et blanc!!! No Comment!) mais j'ai bien dû me rendre vite à l'évidence, il allait se teinter de rouge, de pourpre, de sang.
J'ai vivement ressenti le fait que l'auteur aimait le cinéma et la littérature, il sait mettre les bons mots, les bonnes descriptions, ce qui fait que vous vous faites le film du livre dans votre tête au fil du déroulement. Même s'il y a parfois quelques apartés dans les descriptions qui s'insèrent mal dans le texte, l'ensemble est assez cohérent et les pièces du puzzle restent longtemps sur le  côté sans s'imbriquer mais, tout d'un coup, le lecteur comprend ce qui s'est passé et ce qui va se passer mais la lecture n'en est pas affectée.
J'ai ressenti les différents centres d'intérêts de l'auteur dans le livre, avec la mise en exergue de l'art en général, et le tout est bien documenté. Les techniques policière sont précises aussi, mais vu l'ancien métier de notre auteur, comment en aurait-il pu être autrement?
J'ai eu quelques passages qui m'ont laissé perplexes, des faits qui s'imbriquent moyennement dans le récit ou des scènes qui semblent discordantes mais je n'en dirais pas plus, premièrement afin de ne pas influencer de futurs lecteurs et deuxièmement pour ne pas vous spoiler les faits.
La seule chose que je peux dire est que, malgré ces petites imperfections, le roman est très intéressant à lire et plaisant même si je sais que je ne le relirai pas, du moins pas de suite, il m'a plu et devrait plaire aux amateurs de polars.

Sources:

https://www.facebook.com/philippe.dumont.16
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=34257
http://www.sema-diffusion.com/fr/accueil/62-pour-quelques-grammes-d-eternite-par-philippe-dumont.html


samedi 17 mars 2018

La louve blanche / Theresa Révay


Résumé:

Chassée de Petrograd par la révolution bolchevique, la jeune comtesse Xénia Ossoline voit sa famille décimée et son pays ravagé. Réfugiée dans le Paris des Années folles, elle devient brodeuse pour subvenir aux besoins de ces jeunes frère et soeur. Le grand couturier Jacques Rivière remarque sa beauté et l'engage comme mannequin. Elle fait bientôt la connaissance du célèbre photographe allemand Max Von Passau. Ils vivent une liaison passionnée alors qu'outre-Rhin Hitler a pris le pouvoir. Max décide d'entrer en résistance...


Theresa Révay:

Auteure et traductrice française, elle est née à Paris en 1965.
Après un cursus littéraire, elle commence sa carrière littéraire en traduisant des romans de l'anglais et de l'allemand vers le français.
Elle est traduite aujourd'hui dans de nombreux pays et écrit surtout des romans à caractère historique.

     ✎ Traductions réalisées:

"Le temps des orages" ["De sturmzeit] / pour Charlotte Link. Editions J. C. Lattès. Paris, 2004.
"Les lupins sauvages" [De wilde Lupinen] / pour Charlotte Link. Editions J. C. Lattès. Paris, 2002.
"L'heure de l'héritage" [Die stunde der erben] / pour Charlotte Link. Editions J. C. Lattès. Paris, 2003.
"Un mari pour enjeu" [Scandalous Again] / pour Christina Dodd. Editions J'ai Lu, collection J'ai Lu Aventures et Passions. Paris, 2004.
"Le cygne d'émeraude" [The Emerald Swan] / pour Jane Feather. Editions J'ai Lu, collection J'ai Lu Aventures et Passions. Paris, 1999.

     ✍ Bibliographie de l'auteure:

"L'Ombre d'une femme". Editions La Table ronde. Paris, 1988.
"L'Ouragane". Editions Tsuru. Paris, 1990.
"Valentine ou le temps des adieux". Editions Belfond. Paris, 2002.
"Livia Grandi ou le Souffle du destin". Editions Belfond. Paris, 2005.
"La Louve Blanche". Editions Belfond. Paris, 2009.
"Dernier été à Mayfair". Editions Belfond. Paris, 2011.
"L'Autre rive du Bosphore". Editions Belfond. Paris, 2013.
"La vie ne danse qu'un instant". Editions Albin Michel. Paris, 2017.

Mon avis:

Je suis très éclectique dans les genres que je lis mais je dois bien avouer que les romans d'amours avec une toile de fond historique ne sont pas mes préférés. Pourtant, je trouve important de lire de tout pour avoir une bonne culture générale et ne pas me cantonner à un ou deux genres. L'histoire contée par l'auteure se mêle bien à l'Histoire mondiale; j'ai appris des choses sur la révolution bolchevique et le roman m'a donné envie de pousser mes recherches plus loin et peut être à lire d'autres romans du même acabit que celui-ci quand j'en aurai l'occasion.
Les personnages sont touchant, quasi réels mais, outre le contexte historique dans lequel ils évoluent, si le roman devait uniquement se baser sur la romance des deux héros, je ne pense pas que j'aurais pris le même plaisir à ma lecture.
Je ne pense donc pas relire ce roman un jour mais je ne regrette aucunement ma lecture.

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Theresa_R%C3%A9vay
https://www.espacepierrelecut.com/personne/theresa-revay/1870618/
http://www.albin-michel.fr/auteurs/theresa-revay-27600
https://www.facebook.com/Theresa.Revay.Officielle/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlotte_Link
http://www.christinadodd.com/



jeudi 15 mars 2018

Le miroir du Damné / Frédéric Livyns et J. B. Leblanc



Introduction:

Ayant déjà traité la bibliographie de Frédéric Livyns dans ma chronique sur le roman "Danse de sang", je vais , avant de vous donner mon avis sur "Le miroir du Damné" vous donner un aperçu que j'espère exhaustif du travail de Jean-Baptiste Leblanc.

J. B. Leblanc:

Né dans le Nord de la France en 1973, cet auteur de thrillers fantastiques est également un lecteur assidu. Dans une interview pour le site paroles d'auteurs.com il parle pour sa passion pour l'imaginaire, les jeux vidéos, jeux de rôles et de ce qui l'a amené à vouloir écrire.
Voici sa bibliographie:

"Le Cauchemar de Cassandre". Editions Val Sombre. Trélon, 2012.

"L'ère du Diable". Editions Val Sombre. Trélon, 2013.

"La Porte". Editions Val Sombre. Trélon, 2014.

"Passage à l'acte" [Nouvelle]. In, "Histoire de Folie" [Anthologie]. Editions Lune Écarlate. Montluçon, 2014.

"Double AVC" [Nouvelle]. In, "Histoire de Loups-garous" [Anthologie]. Editions Lune Écarlate. Montluçon, 2015.

"L'Apocalypse selon l'An mille" [Nouvelle]. In, "Le Vampire des origines" [Anthologie]. Editions Lune Écarlate. Montluçon, 2015.

"Meurtre en chambre close"  [Nouvelle]. In, "Dimensions Meurtres Impossibles" [Anthologie]. Editions Rivière Blanche. Pamier [pour la maison française], 2016.

"Curiosité de balcon" [Nouvelle]. In, "Nu sur le balcon" [Anthologie]. Editions Séma. Vedrin, 2016.

"Les passeurs. Tome 1. Les âmes noires". Editions Aconitum, 2016.

" Les passeurs. Tome 2. Les bruits blancs". Editions Aconitum, 2017.

"Le miroir du Damné". Co-écrit avec Frédéric Livyns. Editions Sema. Vedrin, 2017.


Mon avis sur le roman:

Tarsac est un village hors du temps, hors de notre temps... Peu voire pas de technologie moderne, des hommes et des femmes qui vivent de la terre, quasi en autarcie. Le décor du roman est planté...

La première chose que j'ai noté, cela sans connaître le travail en solo de J.B. Leblanc, c'est que j'ai bien vu la patte de Frédéric Livyns (c'est quand même le troisième roman que je lis de sa plume!) mais cette fois, tempérée par le style de Mr Leblanc; l'horreur, même si présente est plus tempérée, et que les futurs lecteurs ne se méprennent pas sur mon propos, je ne dis pas que le livre est moins intéressant, il est autre, il y a une dimension plus thriller qu'horreur dans ce roman et l'enquête policière est à l'avant plan.
Au niveau des personnages, quand je lis un thriller, je suis habituée, il me semble à voir un héros et, parfois un anti-héros (le terme "méchant" me paraît enfantin) mais, selon moi (et vous pouvez me corriger en commentaires si vous estimez que je me trompe), il y a deux héros mais totalement différents, ils ont tous les deux une fonction similaire mais un caractère totalement différent, une psychologie complexe; ce sont les deux figures emblématiques de cette histoire. J'aurais même tendance à ajouter un troisième personnage mais ce serait peut être aller trop loin et je ne veux rien spoiler!
Le roman est bien construit dans son ensemble, bien qu'à un moment donné, j'ai trouvé que notre héros s'empêtrait un peu dans son enquête, et ce pas trop au service du suspense, j'ai eu, à un moment donné, un sentiment d'étirement en longueur, voulu ou pas, ça je ne sais pas et j'ai parfois eu des difficultés avec le déroulement des faits, j'ai dû retourner en arrière pour vérifier des choses, bref, j'ai un peu pataugé dans la semoule, mais pas longtemps.
Un fait est que les personnages m'ont touché, tous à leur manière et j'ai continué à tourner les pages virtuelles afin de connaître le destin de ces personnes de pixels; au moment du point final, j'ai un sentiment d'inachevé, une petite pointe de déception! Pas de ne pas tout savoir sur le devenir des personnages mais d'avoir plus d'indices.
L'ambiance tout au long du roman est comme la météo du village de Tarsac, lourde, suffocante et elle en rajoute une couche au malaise général ressenti, pas au détriment du roman heureusement.
En résumé, et pour terminer, je me sens mi-figue, mi-raisin, j'ai aimé l'histoire dans son ensemble et les personnages de ce livre mais il me manque quelque chose, j'ai comme un goût d'inachevé...

Sources :

https://polar.zonelivre.fr/jb-leblanc-biographie-bibliographie/

mercredi 14 mars 2018

Pilote dans l'enfer blanc / Kurt Burgbacher

Titre original : Pilot in der Weissen hölle. Traduit par Barbara Spielmann.
Ce roman fait partie de la collection "Plein Vent", parue aux éditions Robert Laffont. Cette collection fut lancée en 1966 et fut dirigée par André Massepain*, elle visait les jeunes entre 12 et 16 ans en présentant des récits d'aventures, d'actions et de science-fiction.

Remarque : dans cette collection, on peut retrouver "La cordillère interdite" / Michel Peyramaure que j'ai déjà chroniqué ici ==> http://critiquelecture.blogspot.be/2016/08/cordillere-interdite-michel-peyramaure.html

* André Massepain : est le pseudonyme de Virgile SOLOMONIDIS; né à Bucarest en 1917 et décédé en 1999. C'est un écrivain grec de langue française, traducteur en langue roumaine, allemande et anglaise. Il a écrit de nombreuses fois pour la jeunesse et il est aussi l'auteur de romans pour adultes sous le nom de André KEDROS.
Il a reçu de nombreux prix en 1960, 1961, 1963 et 1978.

L'auteur: j'ai fait énormément de recherches à propos de Kurt Burgbacher et, mis à part les sites de ventes (très ... non ... trop nombreux), je n'ai pas trouvé grand chose sur sa vie et sa bibliographie, il faudra que je me rende en bibliothèque pour tenter d'approfondir le sujet.

En attendant, et comme j'aime me renseigner sur les livres que je lis, dans la mesure où je pense que cela peut être intéressant, je me suis renseignée sur le sauvetage par avion, comment cela a été mis en place, quand, où, qui, etc.

Le roman nous place dans les Alpes, chaîne de montagne européenne de plus de 1200 Km de longueur traversant plusieurs territoires : Italie, France, Monaco, Suisse, Liechtenstein, Autriche, Allemagne et Slovénie (mais le roman se limite aux territoires de l'Italie, de l'Allemagne, de la Suisse et de l'Autriche). L'article créé dans l'encyclopédie coopérative Wikipédia est une mine d'or d'informations et bien sourcé donc je vous le met en lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alpes

Je pense que les faits que l'auteur a pris comme références pour écrire son roman sont ceux qui ont abouti à la création de la compagnie de sauvetage aérien en Suisse.

Nous sommes en 1946 lorsque VICTOR HUG et PISTA HITZ, deux pilotes de l'armée Suisse évacuent à l'aide de 2 avions (Fieseler Storch) l'équipage et les passagers d'un DC 3 Dakota américain qui s'est échoué sur le glacier du Gauli.

Ensuite, en 1952, un autre homme, HERMANN GEIGER, est l'un des premiers pilotes à se poser sur un glacier en utilisant sa pente et en équipant son appareil de patins rétractables. Pour redécoller, il se laissait glisser le long de la pente d'atterrissage et utilisait cette vitesse de propulsion pour "lancer" son Piper dans les airs.
Dans le même temps, en Suisse, le Dr RUDOLF BUCHER fonde la Garde Aérienne Suisse de Sauvetage (GASS) lors de l'Assemblée des délégués de la Société Suisse de Sauvetage (SSS).
La Royale Air Force britannique se charge alors de former les premiers parachutistes-secouristes; ils seront opérationnels en décembre de la même année.

Depuis 1953, les secouristes sont à pieds d'oeuvres et sauvent toujours des vies de nos jours, un travail dangereux mais passionnant.

Mon avis sur la fiction:

Ce que j'ai aimé dans le roman, c'est qu'il est réaliste, il décrit parfaitement ce que peuvent ressentir les sauveteurs dans le danger de la montagne. Le lecteur peut s'apercevoir des difficultés qu'on rencontré les pionniers lorsqu'il a fallut tout créer pour organiser ces sauvetages car il n'y avait rien!
On se rend compte également de l'inventivité de l'humain quand il s'agit de trouver des solutions aux problèmes qu'il rencontre.
Bien que ce soit un roman jeunesse assez ancien, les sentiments des différents protagonistes sont bien mis en avant et les descriptions ne sont pas trop scolaires, elles sont plaisantes à lire et d'un assez bon réalisme, je me suis parfois senti frissonner lors de ma lecture et avoir peur pour les personnages, ce qui est bon signe.
Les descriptions techniques ne sont pas trop longues mais assez bien faites pour donner une idée des engins utilisés, cela, sans pour autant rebuter le néophyte.
Pour ceux qui aiment l'aventure, ce roman est un bon début, ce n'est pas LE roman d'aventure mais il est un bon moyen d'amener des jeunes à lire par exemple. Il restera d'ailleurs dans ma bibliothèque pour ma fille si elle le veut plus tard.


Si vous voulez aller plus loin dans l'historique du sauvetage dans les Alpes :

https://www.rega.ch/fr/a-propos-de-nous/historique/1946-1959.aspx

Remarque: si jamais vous avez d'autres renseignements, sur l'auteur ou sur le sauvetage, vous pouvez me les communiquer en commentaire, je suis preneuse de tous renseignements utiles. Merci.


lundi 12 mars 2018

Le Souffle des Ténèbres / Frédéric Livyns



Tour et détours par le pays de Bretagne...

S'il y a bien quelque chose que j'aime autant que de me renseigner sur un auteur après avoir lu un roman, c'est me renseigner sur le sujet du roman lorsque cela est possible; que ce soit le thème principal ou un petit détail qui m'a sauté aux yeux et hop, je fais des recherches pour augmenter ma culture générale mais aussi pour satisfaire mon insatiable curiosité des choses, de toutes choses...

S'il existe une myriade de légendes de par le monde, la Bretagne peut se vanter d'en avoir déjà beaucoup pour elle seule et cela m'a surpris car j'en connaissais mais j'étais loin de me douter qu'elle en recelait une telle profusion, des mythes aussi féeriques qu'ils peuvent être terrifiants...
Les Celtes d’Armorique avaient une peuplade mythologique étendue et étroitement liée au culte de la Nature. L'arrivée des Romains et dès lors la Christianisation des peuples breton n'a pas totalement éteint ces croyances puisqu'on peut encore les retrouver de nos jours dans les mythes et contes.
La légende bretonne la plus connue est sans doute celle du Roi Arthur et de ses Chevaliers de la Table Ronde mais...

     L'Ankou...

Dans le roman que je vous présente, et ceci sans vous spoiler le moindre contenu de ce dernier, l'auteur nous met face à l'Ankou, personnage majeur des croyances bretonnes qui apparaît dans les gloses en latin du 9ème S. (selon les travaux de Léon Fleurio, linguiste et historien français - 1923-1987); selon le celtologue belge Claude Sterckx, l'Ankou peut être rattaché à la mythologie celtique car, dans les descriptions qui le mentionnent, son arme d'origine était la masse et non la faux, arme avec laquelle le dieu celte Sucellos (mythologie gauloise) ou le dieu Dagda (mythologie irlandaise) étaient représentés.
Il existe beaucoup de représentations de l'Ankou en Basse Bretagne (dont la plus célèbre se situe à Ploumilliau) : il est le plus souvent représenté comme un squelette (d'où son lien avec la mort, on se demande pourquoi!!!). 
Mais, bien qu'il personnifie la mort, il n'est que son bras armé.
Plus près de notre époque, au 19ème S., sa description change pour être plus humaine dans ses caractéristiques morphologiques : un grand personnage portant un large chapeau, de longs cheveux blancs, vêtu d'un manteau noir. De plus, selon la croyance populaire, le premier ou le dernier décédé dans une paroisse de l'année devient l'Ankou pour une année. Il se déplace toujours en charrette en bois tirée par trois chevaux et s'annone par des grincements sinistres.

     ... et Gilles de Rais...

L'Ankou étant déjà effrayant, j'ai poussé mes recherches sur Gilles de Rais, cité dans le roman (et toujours sans spoil).
De son vrai nom : Gilles de Montmorency-Laval, le Baron de Retz a vécu au 15ème S. et était aux côtés du roi Charles VII lors de la Guerre de Cent Ans; il a combattu avec Jeanne d'Arc également.
Après cette guerre, il apparaît comme quelqu'un d'instable, qui aime le faste et qui dilapide les richesses familiales, ce qui le conduira à une mise sous interdit par le roi Charles VII.
Il fut condamné par pendaison et au bûcher pour hérésie, sodomie et meurtres d'enfants (dont on ne connaît le nombre exact mais dont le chiffre tournerait autour de 150!).
Mais n'allons pas trop vite, revenons un peu en arrière : Gilles de Rais eut de nombreuses fiancées mais, jusqu'à Catherine de Thouars, sa cousine, aucun mariage ne furent autorisés pour des raisons diverses et variées; même ce dernier projet de mariage connaîtra de nombreux rebondissements jusqu'à sa finale autorisation.
Catherine lui donnera une seule héritière : Marie de Rais.
C'est en 1440 que le Baron de Rais est cité à comparaître afin de répondre de meurtres d'enfants, de sodomie, d'invocations de démons et d'hérésie.
Des serviteurs du Sire de Rais affirmèrent même que ce dernier s'adonnait à l'alchimie dans le but de créer la Pierre Philosophale.
Gilles de Rais fut condamné le 25 octobre 1440 et exécuté le lendemain.
En ce qui concerne son unique fille : Marie de Rais, elle est aussi appelée Marie de Retz, Marie de Laval ou de Montmorency-Laval et est née en 1429. Bien qu'elle fut mariée deux fois, je n'ai pas réellement trouvé de faits extraordinaires à son sujet (après une première lecture rapide des infos trouvées sur le net, je ne suis pas historienne et ce n'était pas le but ici, seulement un peu de documentation).

     Le Souffle des Ténèbres...

Après ces quelques recherches et bien qu'il y ait beaucoup de matières intéressantes à creuser, je me dois de stopper mes pérégrinations historiques pour ne pas trop en dévoiler sur le roman. La seule chose que je peux ajouter avant de vous donner mon avis, c'est que j'ai grandement envie d'aller visiter la Bretagne maintenant.
Mais venons-en au roman! Dès le prologue (il y a des livres ainsi!), j'ai su que j'aurais beaucoup de mal à lever le nez de cette histoire pour m'intéresser à autre chose (demandez un peu à mon mari!). L'auteur distille, c'est le mot le plus adéquat, l'information pour inviter le lecteur à descendre petit à petit dans la nuit. Les personnages se dévoilent point par point, avec une psychologie fine et développée sans être franchement formulée dans les descriptions.
Les descriptions donnent le ton, l'environnement est bien dessiné par les mots de l'auteur et on s'y croirait. Le suspense est là mais par touche, pas pour assommer le lecteur, juste assez pour le faire angoisser.
Les éléments du roman s'imbriquent lentement (mais pas trop) pour former un puzzle ... à deux faces, avec un final surprenant et réussi.
J'ai vécu ce livre et, comme chaque fois que cela m'arrive, j'ai été touchée par ses personnages, j'ai aussi eu beaucoup de mal à refermer le roman et laisser ses personnages retourner dans leur monde.

Je finirais par ceci : Merci Mr Livyns pour ce moment!

Sources pour les recherches: